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M. Levinas : Oui, je l’ai trouvée. J’avais aussi envie d’appeler cela « Éternels claviers » puisqu’on va interpréter de la musique qui va jusqu’à la fin du XXe siècle sur les modes de jeux, de traditions. L’idée est d’oublier toute la gangue interprétative de ces musiques pour piano des XIX e et XXe siècles alors que l’instrument ne cessait de se moderniser. C’est très passionnant sur la lecture de Bach, parce que la musique de Bach est une musique religieuse, faite pour des espaces réverbérés, pour des sons qui tiennent. Évidemment, l’orgue dans un lieu sacré est tout à fait à sa place. Bien sûr le piano a été une sorte d’héritier des lieux sacrés car il a une résonance (c’est mon attitude de faussaire musicologique et historique). C’est ce que j’appelle le "piano-espace", une capacité d’exprimer la réminiscence. C’est pourquoi il a eu une telle influence sur l’opéra et la musique romantique comme quelque chose qui revient de loin, quelque chose qui monte vers le ciel… Évidemment cet instrument a été pour les pianistes et pour les musiciens, pour Busoni, pour Liszt, même pour Messiaen, pour Fisher, tous ces gens que j’admire, un instrument qui résonnait comme à l’église.





Avec "Baba Love", la musique est là, sobre, élégante, moderne, classieuse. Pour ce faire une équipe de choc, et surtout des invités d'honneurs exceptionnels comme Jean Louis Trintignant qu'on ne présente plus, Saul Williams, chanteur poète américain considéré comme l'une des grandes figures du hip-hop soul, la délicieuse et très solaire