Ce blog cherche à donner informations, documents, pistes et problèmes aux lecteurs et chercheurs qui sont emportés par l'oeuvre de Ghérasim Luca (1913-1994)
samedi 22 octobre 2011
expo Gilles Ehrmann
http://www.usine102.fr/?/Actualites/Exposition-de-Gilles-Ehrmann
dimanche 28 août 2011
Arthur H chante Prendre corps
Baba Love, le nouvel album d'Arthur H dans les bacs le 17 octobre 2011
Voir article dans Ouest-France:
http://www.ouest-france.fr/actu/disques_detail_-Avec-Baba-Love-Arthur-H-impressionne-_3724-2001620_actu.Htm
samedi 4 juin 2011
Merlin et le théâtre de bouche à Saint-Ouen
On peut lire la poésie sonore que l'apatride Ghérasim Luca [1] écrivit en français, on ne peut plus entendre l'auteur la dire depuis qu'il s'est jeté dans la Seine (en 1994) après avoir été naturalisé, mais on peut retrouver son « bégaiement poétique » en allant voir et entendre son surprenant « Théâtre de bouche » mis en scène avec tact et approche tactile par Claude Merlin à la tête d'une bande d'acteurs enthousiastes.
Rien de tel qu'un étranger pour aborder la langue française sans complexe en la considérant comme une essoreuse (l'Irlandais Beckett) ou une poubelle au tout recyclable (le roumain Ionesco). Compatriote de ce dernier, Ghérasim Luca l'aborde comme un ingénieur terroriste qui face à un barrage (celui de la langue étrangère) après en avoir étudié les plans et les systèmes, percerait sauvagement des vannes aux jaillissements insensés.
Drôle d'histoire que celle de cet homme né dans le quartier juif de Bucarest qui connut brièvement la prison pour ses idées et écrits pos-dadaïste, qui se rapprocha du parti communiste clandestin avant d'en être victime une fois ce dernier à la tête de l'état. Entre temps, il aura entretenu une correspondance avec André Breton, en poste à Paris sera devenu l'ami intime de Jacques Hérold [2] et Victor Brauner [3] (venus de Roumanie eux aussi). C'est alors, avant même de quitter la Roumanie et de revenir vivre définitivement à Paris via un long détour contraint en Israël, qu'il choisit « l'exil linguistique » en écrivant désormais en français.
Tout cela André Velter le raconte très bien dans la préface au volume qui est consacré à Luca dans la précieuse collection « Poésie /Gallimard » sous le titre « Héros limite », son texte le moins méconnu (qu'il publie en 1953 un an après son arrivée à Paris) -mais le recueil comporte aussi « le chant de la carpe » (1973) et « Parapomènes » (1976). « Le théâtre de bouche » a été publié chez Corti en 1987 comme les autres derniers textes de Luca.
Il aura donc fallu attendre un quart de siècle pour que quelqu'un songe à mettre en scène cette unique pièce de Ghérasim Luca « le plus grand poète français parce que roumain » selon Gilles Deleuze, écrabouillé d'admiration comme d'autres devant sa façon de faire danser la java à la langue, de la désarticuler, de la touiller dans tous les sens , de lui faire rendre gorge sur gorge, gorgée de maux-mots, de Mômo , de lui tirer la langue en en extrayant mille vocables.
« Cher Claude, je ne vois que toi qui sois capable de faire résonner aussi haut la langue poétique concrète et inquiétante de Ghérasim Luca, de donner vie à ce théâtre de bouche et d'une faire ce spectacle ô combien suggestif qui nous a enthousiasmés » écrit Valère Novarina [4]. On ne saurait mieux dire. Merlin a été plus d'une fois l'interprète du théâtre de Novarina. De fait on ne peut pas penser à ce dernier en entendant « le Théâtre de bouche » (le titre est lui-même un vocable novarinien) de Luca. L'un est l'autre creuse la langue française : Novarina en paysan savoyard la bêche, tant et plus, en charrie des brouettes, Luca en ingénieur chimiste, l'étudie dans son labo, la coupe avec son scalpel poétique pour voir ce qu'elle a dans le ventre.
Avec trois cubes, quelques panneaux (comme au temps du muet), un castelet sans marionnettes mais avec tiroir et des ombres chinoises, Claude Merlin et ses acteurs se saisissent du « Théâtre de bouche » comme d'un brûlot. Le charme du lieu -une guinguette du marché aux puces qui le weekend nous la joue manouche et plat du jour- parachève le plaisir.
Piccolo (58 rue Jules Vallès à Saint-Ouen), du mar au vend 20 h30, jusqu'au 10/6 (relâche le week pour cause de marché au puces), 01 40 11 2 87
vendredi 6 mai 2011
mardi 8 février 2011
samedi 22 janvier 2011
Écouter l’indicible avec les poèmes de Ghérasim Luca
Résumé
Ghérasim Luca (1913-1994) est considéré comme un poète sonore ce qui paradoxalement peut faire disparaître l’indicible qu’il fait entendre quand la critique met depuis le fameux mot de Deleuze toute son oeuvre sous le signe d’un bégaiement. Ce poète qui a échappé à la « solution finale » en Roumanie et lutté toute sa vie contre les multiples tentatives de la reproduire autrement jusque dans l’arraisonnement des écritures et des vies, n’a cessé d’opposer une force de vie dans et par le langage dont l’orientation peut être définie par une physique de la pensée : l’invention de corps-langages inouïs après l’extermination massive des Juifs d’Europe, la bombe d’Hiroshima et tout ce qui ne cesse de les prolonger. Loin d’un silence testimonial, l’oeuvre de Luca constitue un défi à tous les discours de déploration et de défiance au langage : l’indicible est audible dès le plus petit poème qu’il s’appelle « Auto-Détermination », « Quart d’heure de culture métaphysique », « Passionnément » ou encore « La fin du monde ». « Le chant de la carpe » est un poème « à gorge dénouée » qui rend voix à ce qu’on veut taire, faire taire jusque dans la célébration. Ce qui ne manque pas d’obliger à reconsidérer la fameuse déclaration d’Adorno qu’on a peut-être mal lue ou lue trop vite…
Abstract
Ghérasim Luca (1913-1994) is considered as a poet of sound, which paradoxically can hide the unspeakable he expresses as the critics have put his whole work under the sign of stammering since Deleuze’s comment. This poet, who escaped from the “final solution” in Romania and who has struggled all his life against the numerous attempts of reproducing it in other ways, as far as in the unreasoning of writings and lives, has always opposed a force of life within and through the language, whose orientation can be defined by a physics of thought: the invention of outrageous language-bodies after the genocide of the European Jews, the Hiroshima bomb and everything that continues them. Far from being a witness’s silence, Luca’s work is a challenge to all the speeches of mourning and mistrust of language: the unspeakable can be heard in any of the poems, whether they’re entitled “Auto-Détermination”, “Quart d’heure de culture métaphysique”, “Passionnément”, or “La fin du monde”. “Le chant de la carpe” is a “loud” poem, which gives a voice to what people want to keep silent, silent as far as in the celebration. Which doesn’t go without obliging us to reconsider Adorno’s famous declaration that might have been misread or read too quickly…
vendredi 21 janvier 2011
lundi 3 mai 2010
Surréalisme et « littérature prolétarienne ». Position de Gherasim Luca
On peut lire en ligne à cette adresse:
http://revel.unice.fr/loxias/index.html?id=2980
Iulian Toma :
Surréalisme et « littérature prolétarienne ». Position de Gherasim Luca
samedi 20 mars 2010
Julian Semilian
TWO PROSE PIECES Translated by Julian Semilian
G H E R A S I M L U C A
___________________________TWO PROSE PIECES
Translated by Julian Semilian
jeudi 25 février 2010
Ouvrages collectifs avec textes de Luca
- Les Inspirés et leurs demeures : Le Temps, sans date, photographies
de Gilles Ehrmann, textes de Benjamin Péret, Ghérasim Luca
et Claude Tarnaud. [À l’orée d’un bois dont les arbres
sont des idées].
Wozu ? Pourquoi des poètes en temps de manque ? Le Soleil
Noir, 1978, H.A. Baatsch et J.C. Bailly [extrait de La Question].
Qui vive ? Autour de Julien Gracq, Paris, José Corti,
1989 [Comme un monologue à peine dirigé].
Le Surréalisme en 1947, Pierre à Feu [texte collectif
: Le sable nocturne].
Luca en revues de langue française
- G. Luca dans d'anciennes revues en langue française :
- Vie immédiate,décembre 1933 [manifeste
: La poésie que nous voulons faire].
La Part du sable, Le Caire, 15 février 1947 [extrait
du Vampire Passif].
Phases, n°2, Falaize éditeur, 1955 [Pierre
ambiante].
Phases, n°3, 1956 [Le Sang].
Phasen, n°4, Amsterdam, Stedelujk Museum, 1957 [L’Échelle].
Edda, n°1, 1958 [Les Statues].
Edda, n°2, mars 1959 [L’Écho peint en rouge].
Réalités secrètes, n°6, dir.
Marcel Béalu et René Rougerie [Minéral, ô
statue du désir].
La Brèche n°7, dir. A. Breton, décembre 1964
[Je t’aime].
Phases n°11, mai 1967 [Le Lendemain].
PO&SIE n°63, 1993 [traductions par Dumitru Tsepeneag
d’écrits parus en roumain].
lundi 22 février 2010
Le 18 mars 1951: de Jaffa à Breton
http://www.andrebreton.fr/fr/item/?GCOI=56600100453810#
Lettre autographe signée à André Breton, Jaffa, 12 décembre 1951.
2 pages in-8°, lettre de Ghérasim Luca relative aux travaux de Paul Paün et de Luca (enveloppe conservée).
Lettre autographe signée à André Breton, Paris. 15 août 1952
2 pages in-16 sur papier cartonné imprimé, lettre de Gherasim Luca dans une très belle calligraphie, illustrée par un petit dessin original, lettre relative aux ennuis d'André Breton «avec un mammouth parlementaire» (enveloppe conservée).
Tract tapuscrit titré «Adhésion à distance» portant les signatures autographes de Luca, signant également pour Yvenez (Paul Paün) et Trost (enveloppe conservée).
- Manuscrit autographe signé, Jaffa, juillet 1951
76 pages in-12°, manuscrit autographe signé de Trost en français relatif à l'activité surréaliste et révolutionnaire en Roumanie
«Au point où nous en sommes il est évident qu'une nouvelle mise en question des moyens et des fins dans notre action est devenue nécessaire»...
-2 pages in-12°, lettre autographe signée de Trost à André Breton, Tel Aviv, août 1951, dans laquelle il lui fait part de l'envoi de ce manuscrit cité précédemment (l'ensemble sous chemise cartonnée).
Manuscrit autographe, 18 mars 1951
3 pages in-12°, titrées et datées 18 mars 1951, manuscrit autographe de Paul Paün avec des petits dessins. Le manuscrit est encarté dans une petite chemise cartonnée titrée par Gherasim Luca (enveloppe conservée).
Lettre autographe signée de Gherasim Luca à André Breton relative à la communication de Paul Paün, 1 page in-12°
«...Après le contre rendu signifiant le retournement de la pensée sur elle-même et celui signifiant le retournement de l'objet sur lui-même jusqu'à sa transparente dissolution, la communication présente ferme (ouvre) d'un geste le cycle dialectique de la négation et de l'autonégation réconciliées dans l'automatisme de l'action...»
Manuscrits autographes signés et illustrations originales, mars 1951
- «Transpercer la transparence», manuscrit autographe signé de Gherasim Luca à l'encre de 6 pages de format carte de visite, compte rendu plastique sur la participation personnelle de Luca à une manifestation internationale du surréalisme.
13 cartes toutes titrées et annotées au verso par Luca, le recto comportant des assemblages de papier cristal contrecollés illustrant le texte de Luca.
- 6 pages format carte de visite, texte manuscrit de Trost signé et daté, compte rendu pour le rendez-vous mental du 18 mars 1951 (Enveloppe adressée à André Breton conservée).
Niciodata destul

http://www.andrebreton.fr/fr/item/?GCOI=56600100199970
Niciodata destul Tract de Gherasim Luca daté et dédicacé à André Breton
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La Voix saturée dans la poésie de Ghérasim Luca le 6 avril 2010
Les mardis de la saturation
Les 9 mars (EHESS), 23 mars (ENSAP) et le 6 avril 2010 (Cdmc)
Direction scientifique Denis Laborde
Comité scientifique
Denis Laborde – Laure Marcel-Berlioz – Yann Rocher – Pierre Roullier
Organisation
Centre de documentation de la musique contemporaine (Cdmc) ; Ensemble 2e2m ; École des hautes études en sciences sociales (EHESS) ; École nationale supérieure d’architecture Paris-Malaquais (ENSAPM)
Le mot saturation est un mot sur lequel on ne s’arrête pas : comme si ce qu’il servait à désigner allait de soi. Cette transparence postulée lui procure une infinie disponibilité sémantique. Instrument de connaissance dans l’ensemble des disciplines scientifiques, il sert à identifier des états du monde, à repérer des indices, des degrés, des niveaux « de saturation ».
Il marque des seuils, repère des courants, des radiations, des zones « de saturation ». Il permet de créer des protocoles expérimentaux, des indicateurs, des axiomatiques. Il s’avère aussi, parfois, un puissant moteur de création artistique. C’est à ce mot et aux usages qui en sont faits dans les sciences humaines et sociales et dans la création artistique que ces Mardis de la saturation sont consacrés. Des sociologues, des philosophes, des ethnologues, des musicologues et des architectes dialoguent avec des compositeurs et des musiciens de l’ensemble 2e2m pour provoquer un remue-ménage épistémologique que l’on pourra observer, au long de ces trois journées et en trois sites distincts, aux frontières des sciences de la société et de la création artistique contemporaine.
Les mardis de la saturation # 1
EHESS (Amphithéâtre)
. 10h : Accueil par François Weil, historien, Président de l'EHESS.
« Les mardis de la saturation », par Pierre Roullier, chef d'orchestre (ensemble 2e2m) et Laure Marcel-Berlioz, Cdmc
. 10h20 : Présentation par Denis Laborde, anthropologue, Centre Marc-Bloch, Berlin
. 10h40 : André Richard, compositeur, chef de choeur et musicologue, ancien directeur de l'Experimentalstudio de la Fondation Heinrich-Strobel du Südwestrundfunk Freiburg
Isola 3, 4, 5 du Prometeo de Luigi Nono : l'écoute saturée ?
. 11h : Ramon Lazkano, compositeur, professeur au Centre supérieur de musique du Pays Basque, Saint-Sébastien
Composer pour être entendu ? L'écoute exaspérée
. 11h20 : Discussion
. 12h : Ponctuation musicale
Franck Bedrossian Bossa Nova
Pascal Contet, accordéon (Ensemble 2e2m)
. 14h : Lucia Campos, ethnomusicologue, percussionniste, EHESS
La ville saturée de musiques : fêtes de rue au Pernambouc
. 14h20 : Pascal Cordereix, chef du service des documents sonores, Bibliothèque nationale de France.
Le dépôt légal : du support à l'Internet : de l'exhaustivité à l'échantillon ?
. 14h40 : Jean-Charles François, compositeur, percussionniste et pianiste
Nos os, conférence performance
. 15h : Discussion générale
EHESS
105 boulevard Raspail, 75006 Paris
Métro 4 (Saint-Placide) ; 12 (Notre-Dame-des-Champs)
www. ehess.fr
Les mardis de la saturation # 2
ENSAPM (salle Lenoir 2)
. 10h : Accueil par Yann Rocher, architecte, maître-assistant à l'ENSAPM
Denis Laborde, synthèse de la première journée
. 10h20 : Yann Rocher, architecte, maître-assistant à l'ENSAPM
Murs de son. Construction et destruction par la saturation
. 10h40 : Christian Girard, architecte, professeur à l'ENSAPM
Saturation / désaturation : exercices pratiques, enjeux théoriques
. 11h : Franck Bedrossian, compositeur, professeur à l'Université de Californie, Berkeley
Articuler l'excès, ou l'écriture des saturations
. 11h20 : Discussion
. 12h : Ponctuation musicale
Dmitri Kourliandski Tube Space
Philippe Legris, tuba (ensemble 2e2m)
. 14h : Emilia Chamone De Freitas, percussionniste, ethnomusicologue, EHESS
Imaginaires, percussions et acoustique : transposer une batucada brésilienne sur une scène parisienne ?
. 14h20 : Pierre Albert Castanet, musicologue, Université de Rouen
Petit vocabulaire de bruitologie
. 14h40 : Carlotta Daro, historienne de l'art, enseignante à McGill University Montréal
Histoires de réseaux saturés
. 15h : Discussion générale
Signalons le soir même un concert au Studio de l'Ermitage, autour d'une création de Franck Bedrossian.
ENSAPM
14 rue Bonaparte, 75006 paris
Métro 4 (Saint-Germain-des-Prés)
www. paris-malaquais. archi.fr/
Les mardis de la saturation # 3
Cdmc (salle Messiaen)
. 10h : Accueil par Laure Marcel-Berlioz
Denis Laborde, synthèse des journées précédentes
. 10h20 : Serge Martin, maître de conférences en langue et littérature françaises, Université de Caen Basse-Normandie – LASLAR
La Voix saturée dans la poésie de Gherasim Luca : une physique du langage contre toutes les métaphysiques
. 10h40 : Alain Musset, géographe, directeur d'études à l'EHESS
Embouteillages, pollution, blocages : Mexico, ville saturée ?
. 11h : Raphaël Cendo, compositeur, pensionnaire de l'Académie de France à Rome
Saturation instrumentale : organisation et nouveaux enjeux pour la composition
. 11h20 : Discussion
. 12h : Ponctuation musicale
Franck Bedrossian La solitude du coureur de fond
Pierre-Stéphane Meugé, saxophone (Ensemble 2e2m)
. 14h : Pierre Roullier, chef d'orchestre, directeur artistique de l'ensemble 2e2m
La saturation, une incertitude ?
. 14h20 : Antoine Hennion, professeur à Mines-Paristech, directeur de recherche au Centre de sociologie de l'innovation
« Assez ! »
. 14h40 : Sylvain Marquis, compositeur, musicologue, Université Paris-Est & IMAC, Marne-la-Vallée
La saturation dans les arts sonores
. 15h : Discussion générale avec Denis Laborde et Pierre Roullier
CDMC
16 place de la Fontaine aux Lions
vendredi 19 février 2010
Séminaire à la MRSH, Université de Caen, 4 mars 2010

Séminaire LASLAR
« Textes, Images, Représentations »
4 mars 2010
16 h 30 – 19 h 00


Serge MARTIN
Les cubomanies et les ontophonies de Ghérasim Luca : « la survivance des lucioles » quand « la proie s’ombre »…

Université de Caen
Salle des thèses – Bât. MRSH
Serge Martin
Les cubomanies et les ontophonies de Ghérasim Luca :
« la survivance des lucioles » quand « la proie s’ombre »…
Le poète et artiste Ghérasim Luca (1913-1994) a mené de front une œuvre poétique que je désigne par le dernier titre posthume de ses œuvres des « ontophonies » et une œuvre plastique dont les « cubomanies » constituent l’invention centrale depuis au moins 1944. J’ai déjà eu l’occasion lors du vernissage d’une de ses expositions (médiathèque de Bordeaux, novembre 2008[1]) de montrer le continu d’une œuvre à l’autre, des ontophonies aux cubomanies, non sous le procédé du « bégaiement » repris par beaucoup depuis la remarque rapide de Deleuze mais par et dans une « autodétermination » volubile pleine de retenue, qui réalise une éthique en poème visible/audible :
en désespérant
le désespoir en le maintenant
fiévreusement dans une position pessimiste
illimitée mais perpétuellement voluptueuse devant l’amour (L’inventeur de l’amour, p. 100)
J’aimerais maintenant confronter deux lectures, celle d’un seul livre de Luca, La Proie s’ombre (Corti, 1998, 2e édition) qu’accompagneront quelques cubomanies prises au catalogue de l’exposition itinérante de 2008-2009 (Cahiers de l’Abbaye Sainte-Croix, Les Sables d’Olonnes, n° 110), et celle du dernier livre de Georges Didi-Huberman, Survivance des lucioles (Minuit, 2009) où « le philosophe prend ses distances avec Pasolini et Agamben » (Libération, 29 octobre 2009)…
Il s’agira donc d’observer au plus près de l’un à l’autre, l’un par l’autre, comment le voir/écrire invente dans l’infime – ce que certaines sémiotiques phénoménologiques ne semblent pas permettre de voir – autant de subjectivations qu’il y a encore de lucioles – mais les lucioles ne forment-elles pas parfois de belles constellations (Adorno)…–, et de tenter de formuler l’hypothèse que c’est l’infime qui fait le cœur d’un voir/écrire le plus vivant surtout quand « la proie s’ombre » (après la « solution finale », la bombe H… et tous les « CRIMES SANS INITIALES »).
[1] « S’asseoir sans chaise avec les cubomanies et les ontophonies de Ghérasim Luca », Diérèse, revue trimestrielle de poésie & littérature, n° 46, Ozoir-la-Ferrière, automne 2009, p. 171-186.
mercredi 17 février 2010
S’asseoir sans chaise avec les cubomanies et les ontophonies de Ghérasim Luca

Serge Martin, « S’asseoir sans chaise avec les cubomanies et les ontophonies de Ghérasim Luca », Diérèse, revue trimestrielle de poésie & littérature, n° 46, Ozoir-la-Ferrière, automne 2009, p. 171-186.lundi 15 février 2010
Dossier Paul Celan/Ghérasim Luca

Ce dossier en cache un autre: en effet, à la lecture attentive, on ne peut que constater que l'ensemble du dossier est consacré à Jean Daive. Pourquoi pas? C'est lui qui semble faire le lien entre Celan et Luca car on en cherchera d'autres introuvables d'autant que le dossier ignore les oeuvres si ce n'est qu'il les allègue en multipliant les clichés mais ne les lit (lie) pas. Mais quel lien est-il établi par Jean Daive ? Que fait Jean Daive au lien Celan-Luca?



