mercredi 25 avril 2012

Luca est dans Prémices


Publié le 25 avril 2012
Luca est auteur de textes où la langue française devient matière sonore pour sensualité nourrie de mots. Un trio féminin les incarne en expérience collective musicale et visuelle.
À l’origine, il y a le Roumain Ghérasim Luca (1913-1994) qui écrit essentiellement en français. Son travail sur la langue en fait un héritier des dadaïstes, un cousin latin des surréalistes, un préfigurateur des oulipiens, un aïeul d’écrivains comme Jean-Pierre Verheggen ou Serge Pey.
Il parie sur un rythme effréné, sur les sonorités des vocables. Il ne craint pas de pratiquer les allitérations, répétitions et donc anaphores, néologismes, glissements syntaxiques, ruptures sémantiques, bégaiements… Il déstructure le langage pour le restructurer à sa manière avec une allégresse étonnante.
Ce qu’il dit parle du monde. Mais à travers le corps, omniprésent, décelé à travers ses sens, perçu mortel, inséré dans un univers que la lucidité trouve médiocre, contraignant. Il faut y apporter la passion et c’est le rôle du poète.
Ensuite il y a le lieu situé entre une porte blanche et une autre, vitrée à croisillons de bois. Elles sont des entrées et, surtout, des écrans sur lesquels, comme sur celui qui sert de ciel, sont projetées des images, des photos, des séquences filmées, des moments de fluides en train de s’étirer et de se répandre.
Au centre, une table longue, celle des banquets d’autrefois, entourée de chaises et de transatlantiques pour accueillir le public. Chacun choisit sa place, là où il y a ou pas des écouteurs, des souris d’ordinateurs grâce auxquelles il est possible d’interférer sur les projections. Chacun, selon son gré, aura l’occasion de changer de siège. Au bout, à son clavier de P.C., à sa guitare, à son mini-piano, un orchestrateur pour musiques acoustiques ou éléctro-acousmatiques.
Un trio énergétique
En évolution dans l’espace, trois comédiennes habitées par les poèmes de Luca. Elles sont d’abord musiciennes des textes qu’elles offrent. En solo, duo ou trio, les voici instruments d’un orchestre de chambre. Avec une précision de praticiennes de la natation synchronisée, elles s’emparent des vers, les distillent ou les proclament.
Elles mettent en valeur l’humour acidulé, l’absurde délirant, la sensualité du poète. Elles usent de leur corps pour une gestuelle résolument non réaliste, plus proche de la danse contemporaine que du mime. Les lieux sont habités, sans cesse, arpentés, escaladés. Nul temps mort dans tout cela. Un plaisir contagieux, collectif qui se nourrit de la langue vivante, audacieuse de Luca proche de certaines trouvailles d’un Michaux ou d’un Chavée.
Les musiques créent l’insolite. Sans envahir ni submerger les poèmes. Elles s’intègrent aux sons des voix. Les images évoquent à la fois le monde extérieur : la nature mais aussi les humains malmenés par l’histoire ou par leur ressenti émotionnel. Elles aussi, bien qu’omniprésentes devant, derrière et au-dessus, n’envahissent pas. L’ensemble brille par sa cohérence. Il emporte le spectateur, le laisse pantois, assuré qu’il est d’avoir vécu un moment d’exception.
Michel VOITURIER, Lille

Imprimé avec joliprint
Des Prémices prometteuses
La première édition du festival réservé à la jeune
création théâtrale révèle déjà des nouveaux talents.
Noémie Gantier et Victoria Quesnel dans La chanson de Tiphaine Raffier.
(Pierre-Etienne Vibert)
Dans la région Nord, la jeune création théâtrale
a désormais son festival : Prémices. Accueillie
dans quatre lieux : le Théâtre du Nord, à Lille
et à l’Idéal de Tourcoing, la Rose des vents, à Villeneuve
d’Ascq et aussi la Maison de la Culture de
Tournai, la première édition a démarré le 12 avril.
Elle met à son programme huit spectacles, pour
dix-neuf représentations, proposés par des jeunes
compagnies, collectifs ou groupes d’acteurs. Pour
l’essentiel, les jeunes artistes sont issus de l’Ecole
professionnelle supérieure d’art dramatique, ouverte
en 2003 et dirigée par Stuart Seide, le directeur
du Théâtre du Nord. Associé à Didier Thibaut, le
directeur de la Rose des vents, ils ont eu l’idée de ce
festival pour mettre en lumière les nouveaux talents
émergents. Et ils ont eu raison. Sinon, comment aurions-
nous pu découvrir La chanson * de Tiphaine
Raffier? Une narratrice, Pauline, plante le décor :
Val d’Europe, ville nouvelle des années 80 et son
horizon de nature falsifiée par Disneyland, de centre
commercial et d’avenir illusoire. Elle est rejointe
sur scène par deux amies, Jessica et Barbara, pour
répéter, comme chaque semaine, une chanson du
groupe Abba. Les trois jeunes filles chantent, rêvent,
dansent, cherchent comment vivre. On peut déjà retenir
le nom de la jeune auteure, qui témoigne d’une
qualité d’écriture et d’une maitrise que l’on craint
de voir s’effriter et qu’elle tient jusqu’à l’ultime instant.
Le ton, entre lucidité et fraicheur, l’univers
personnel de ce spectacle qu’elle met en scène et
interprète avec Noémie Gantier et Victoria Quesnel,
embarquent le public jusqu’à son dénouement. C’est
une véritable révélation.
Plus aventureuse est l’expérimentation collective
proposée par Sébastien Amblard et ses camarades
: Quand les fous affolent la mort, d’après l’oeuvre
poétique et sonore de Ghérasim Luca. Le spectateur
est invité à entrer dans l’univers du Roumain qui
pensait que la poésie pouvait sauver le monde. Alors,
oui, l’interprétation étonnante de Chloé André, Marie
Félix et Caroline Mounier qui fait vibrer cette
poésie charnelle, plongée dans un univers musical et
sonore où la vidéo trouve sa place, ouvre les portes
du rêve. La proposition est très aboutie. A la Rose
des Vents, Bernadette Appert signe et joue Abattoir,
où elle croise des fragments de sa mémoire familiale
(un abattoir de volaille tenu par ses parents) et le déclenchement
amoureux. «Ca commence par l’enlèvement…
» On est dans le Nord, devant une photo de
famille, on se retrouve insidieusement à l’intérieur
de la chaine d’abattage, un endroit révélateur. Une
démarche très intéressante, et une personnalité à
suivre. Il reste à espérer que ces quelques représentations
le temps du festival, ouvrent d’autres portes.
En attendant, direction le Nord pour découvrir ces
nouveaux talents.
lundi 16 avril 2012
http://www.lejdd.fr/Culture/Theatre/Actualite/Des-Premices-prometteuses-503304/
Page 1
Théâtre
Annie Chénieux - Le Journal du Dimanche
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Des Prémices prometteuses
* Théâtre du Nord, Lille, mardi 17 et jeudi
19, à 19 h.
Prémices, réservations 03 20 14 24 24. Jusqu’au
19 avril. Prochains spectacles : dimanche, à 17
h à Tourcoing, Tristesse animal noir ; lundi 16,
Stop the tempo à 19 h et Les grands plateaux à
Villeneuve d’Ascq ; mardi 17, Stop the tempo à
19 h à Villeneuve d’Ascq , Sound, à 21 h à Tourcoing
; mercredi 18, Les grands plateaux, à 19
h et Stop the tempo à 21 h à Villeneuve d’Ascq,
Sound à 21 h à Tourcoing ; jeudi 19, Les grands
plateaux à 19 h à Villeneuve d’Ascq, It’s so nice
à 20 h à Tournai.
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dimanche 22 avril 2012

Autres secrets du vide et du plein en italien



il vuoto svuotato del suo vuoto è il pieno
il vuoto riempito del suo vuoto è il vuoto
il vuoto riempito del suo pieno è il vuoto
il pieno svuotato del suo pieno è il pieno
il pieno svuotato del suo vuoto è il pieno
il vuoto svuotato del suo pieno è il vuoto
il pieno riempito del suo pieno è il pieno
il pieno riempito del suo vuoto è il vuoto
il vuoto riempito del suo vuoto è il pieno
il vuoto svuotato del suo pieno è il pieno
il pieno riempito del suo vuoto è il pieno
il pieno svuotato del suo vuoto è il vuoto
il vuoto riempito del suo pieno è il pieno
il pieno svuotato del suo pieno è il vuoto
il pieno riempito del suo pieno è il vuoto
il vuoto svuotato del suo vuoto è il vuoto
è il pieno vuoto
il pieno vuoto svuotato del suo pieno vuoto
del suo vuoto vuoto riempito e svuotato
del suo vuoto vuoto svuotato del suo pieno
nel pieno vuoto
AUTRES SECRETS DU VIDE ET DU PLEIN
le vide vidé de son vide c’est le plein
le vide rempli de son vide c’est le vide
le vide rempli de son plein c’est le vide
le plein vidé de son plein c’est le plein
le plein vidé de son vide c’est le plein
le vide vidé de son plein c’est le vide
le plein rempli de son plein c’est le plein
le plein rempli de son vide c’est le vide
le vide rempli de son vide c’est le plein
le vide vidé de son plein c’est le plein
le plein rempli de son vide c’est le plein
le plein vidé de son vide c’est le vide
le vide rempli de son plein c’est le plein
le plein vidé de son plein c’est le vide
le plein rempli de son plein c’est le vide
le vide vidé de son vide c’est le vide
c’est le plein vide
le plein vide vidé de son plein vide
de son vide vide rempli et vidé
de son vide vide vidé de son plein
en plein vide
ALTRI SEGRETI DEL VUOTO E DEL PIENO
(Ghérasim Luca – Héros-Limite – Le Soleil Noir, 1953 – Librairie José Corti, 1985 -trad. di A Riponi e R. Florit)

samedi 7 avril 2012

Une expérimentation collective au Théâtre du Nord

QUAND LES FOUS AFFOLENT LA MORT !

D'après l'oeuvre sonore et poétique de Ghérasim Luca

Une expérimentation collective avec Sébastien Amblard, Chloé André, Fanny Derrier, Marie Felix, Lepolair, Caroline Mounier, Bernard Plançon
En mouvement et en voix Chloé André, Marie Félix, Caroline Mounier A l'univers sonore Pol Desmurs, Aka Lepolair

A partir des jeux de mots, d’images et de sonorités de Ghérasim Luca, poète roumain d’expression française, plasticien du langage inclassable, héritier tout à la fois de dada, du surréalisme, de l’absurde et de l’Oulipo, Sébastien Amblard engage avec une bande de complices son goût polymorphe pour l’art de l’acteur, la mise en scène, la musique, les sons, sans oublier l’art de la vidéo.
Sculpture vidéo Fannu Derrier, Sébastien Amblard A la magie de la lumière Bernard Plançon Al'oeil extérieur Sébastien Amblard

Production Théâtre du Nord

vendredi 23 mars 2012

Love in progress (1999) par Le Quartel: un film avec Luca

Le Quartel (1996)

LE QUARTEL, institué en 1996 à Nice, fédéra une réflexion autour du cinéma, de la musique, du chant, de la poésie, des arts plastiques, de la psychanalyse, dont l’application prit la forme de films vidéos projetés notamment au Festival de Turin, à la Faculté d’Architecture de Turin, au Musée d’Art Moderne et Contemporain de Nice, à la Faculté des Lettres de Nice, aux troisièmes Rencontres cinéma et vidéo de Nice, lors du Festival « Que peut le cinéma ? » de l’Espace Magnan à Nice, au Centre International d’Art Contemporain de Carros, dans divers Séminaires de Psychanalyse, au Collectif des Diables Bleus à Nice et dans des Galeries, notamment la Galerie de la Salle, Saint Paul-de-Vence, la Galerie « Le Centre du Monde », Nice, etc. Pour citer quelques-uns de ces films : « Mon nom mon ombre sont des loups » (26’10. 1996) : le cas de « L’homme aux Loups » de Freud. « L. ou la sainte de l’abîme » (51’ 30.1998) : sur les « Ecrits de LAURE » « Mémoires d’ombres » (46’ 40. 1998) : autour de la fondation de l’Internationale Situationniste « Les goûts de la langue » (24’40. 1999) : sur trois poèmes de Ghérasim LUCA « Love in progress » (36’10.1999) : le discours amoureux à partir des quatre discours de Jacques Lacan « L’excès » (30’ 00. 2001 : d’après « Le Mort » de Georges Bataille « Jacques Vaché. L’éclaireur indocile » (40’ 00. 2003) : d’après Les « Lettres de guerre » de Jacques Vaché « Traversée de Maldoror » (47’ 30. 2004) : sur quelques fragments des Chants de Maldoror « Giacinto Scelsi. Le passeur de sons » (22’ 00. 2005) : voyage dans l’univers musical de Scelsi

mardi 13 mars 2012

Luca en Chassol

encore du Luca en chanson et c'est Chassol:
 
pucepuce
puceChassol
X-Pianos  (Tricatel)  février 2012
Cela fait longtemps que l’on côtoie la musique de  Christophe Chassol, parfois sans même  le savoir ! Quand il travaille pour la publicité, quand il accompagne Sébastien Tellier (pourPolitics), Phoenix (période Alphabetical),Keren  Ann et plus récemment Acid Washedou quand il travaille pour le cinéma (Narco)... Pourtant, ce X-Pianos est une découverte totale, une énorme et belle surprise !
Né en 1976, Christophe Chassol découvre et apprend  la musique à l'âge de 4 ans avec tout ce que cela implique : solfège, analyse… Plus tard, il fera ses études au Berklee College Of Music de Boston et le CNSM de Paris. Une carte de visite impressionnante et un bagage musical qui l’est tout autant. Du jazz, il en a retenu la science de l’harmonie et de l’improvisation ; des musiques de films, il gardera la finesse et le charme des compositions de Michel Magne ou de Quincy Jones.
Pour autant, il lui faudra attendre une rencontre providentielle avec Bertrand Burgalat(et qui mieux que lui pour comprendre son univers) pour enregistrer ce X-Pianos en forme de rétrospective de presque 15 années de musique ! Une sorte de miscellanées musicales donc où l’on percevra aisément toute la connaissance de Chassol, son art majeur de la composition et de l’harmonie mais aussi un condensé de ce que la musique peut nous offrir de meilleur. Festin royal où sont conviés Michel Colombier("Les Ménagères", "Waltz Of The Scary Woman"), Alain Peters, Satie ("La Négacra", composé à partir d’un poème de Gherasim Luca, "Russian Kidz"...), le baron Bernard Estardy, Miles Davis ("Kraft"), Georges Delerue et Sébastien Tellier (références récurrentes) ou Air ("Bons Baisers de Neptune", "U Were In Love"). Fantaisiste pop, Chassol fait de X-Pianos une œuvre ahurissante, télescopage harmonique entre classique pop et jazz, sans format spécifique allant de la miniature ("String Fellow Hawke", "12 secondes") à la symphonie pop ("Sunlover", "I Lôôôôve U Sometimes") libre souvent drôle et audacieuse.
Cerise sur le gâteau de ce double album, Nola Chérie, œuvre visuelle et musicale transgenre difficilement classable, où les images sont montées comme une partition. Excellente porte d’entrée dans son univers, où de son propre aveu il souhaite harmoniser le réel.  On y retrouvera donc, dans une Nouvelle Orléans ("Nola") post apocalypse Katrina, tout ce qui fait l'essence de cette ville la musique, la vie. Dans le même genre, allez regarder comment Chassol à réarranger un discours de Barack Obama en le transformant en ultrascore… Qui a dit génial ?
c'est à cette adresse: http://www.froggydelight.com/article-11656.html

jeudi 8 mars 2012

Luca au théâtre avec Novarina dans un jeu d'Amédée

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Jeudi 8 mars 2012
Publié le 08-03-2012

Amédée donne ses nouvelles du fond au Théâtre du Portail Sud

Amédée aime à bousculer les mots. Parfois déconcertant, souvent burlesque, sa 23e création emmène le spectateur dans un univers singulier où langages verbal et corporel se fondent. 


Amédée donne ses dernières nouvelles du fond. L’une des qualités du théâtre n’est-elle pas de provoquer des rencontres entre des écrivains et des spectateurs, arrivés devant la scène, poussés par le désir de voir et la curiosité d’entendre ? 

Mettre en jeu une écriture contemporaine reste toutefois un pari audacieux, et c’est le défi qu’a relevé avec brio Amédée Bricolo, grâce à deux écrivains essentiels : Ghérasim Luca et Valère Novarina. Quand Amédée a demandé à ce dernier l’autorisation de choisir dans ses textes pour imaginer un nouveau spectacle, celuici a répondu : « Bien sûr, tu prends ce que tu veux. » 

Mais quand Amédée a risqué : « Serais-tu d’accord pour que j’associe tes textes à ceux d’un autre auteur », Valère s’est rembruni et il a demandé, inquiet : « Cela dépend… Quel auteur ? » 

À l’annonce de « Ghérasim Luca », le visage de Valère s’est éclairé et il a répondu : « En si belle compagnie, je ne peux qu’être fier ! » 

Le projet était lancé, constituant la 23e création dans la carrière de celui qui se caractérise comme un clown de théâtre ou… un acteur qui s’est spécialisé clown. Amédée voulait, plus que tout, que son fidèle public - il en est à 3.000 représentations, tous spectacles confondus depuis trente ans, dans 43 pays - rencontre la poésie, à l’instar de Monsieur Jourdain qui avait rencontré la prose… sans le savoir. 


Un savant mélange de tragique et de comique 


Aidé des autres membres de sa compagnie théâtrale : Anne Le Moal aux costumes et accessoires, Jean-Baptiste Manessier aux décors, Jocelyn Pras à la technique et Jean-Claude Cotillard à la mise en scène, Amédée pouvait se consacrer à l’écriture du scénario et au jeu. 

Depuis un an que le spectacle est donné, le public est au rendez-vous de cette véritable performance d’acteur. Il tient en haleine la salle, tout en utilisant des textes complexes, toujours très littéraires, en mélangeant tragique et comique. 


Utilisation de l’espace autant que de son corps 


C’est cela qui impressionne chez Amédée et ses « Dernières nouvelles du fond » : son aisance avec les mots, la poésie de la mise en scène et l’utilisation de l’espace autant que de son corps. C’est parfois déconcertant, souvent burlesque, et cela bouscule les mots en renversant les idées. 

Amédée emmène le public dans un univers singulier ou langages verbal et corporel se fondent en puisant leur force dans les textes de ces deux auteurs contemporains. Pas un instant, il ne laisse le spectateur indifférent. 


Jean-Philippe Lampin 
Dernières nouvelles du fond Théâtre du Portail Sud, à Chartres, 02.37.36.33.06. Du 8 au 18 mars. Les jeudis, vendredis et samedis, à 21 heures, les dimanches à 16 heures

lundi 30 janvier 2012

Luca et Michaël Levinas

La musique contemporaine et Ghérasim Luca.
Plus d'informations à cette adresse:
http://www.canalacademie.com/ida8307-Claviers-en-miroirs-le-recital-de-piano-revisite-par-Michael-Levinas.html

M. Durand-Lacaze : D’abord Michael Levinas, quelle était votre intention en proposant au Collège des Bernardins une invitation musicale avec un titre aussi poétique « claviers en miroirs », un concert autour du clavier ? 
- M. Levinas : Quand on est à Canal Académie, on sait que certains murs vénérables qui ont été habités par la spiritualité, comme ceux du Collège des Bernardins, engendrent aussi la liberté. J’ai retrouvé aux Bernardins, cette liberté, cette spiritualité et ces traditions. Le lieu est en plus, inspiré par le Père Antoine Guggenheim dont les activités philosophique et théologique m’ont plu. J’ai senti que c’était le moment de retrouver cette liberté d’exprimer, à la fois une joie devant quelque chose qui a été transmis, c’est-à-dire des grands textes. Les Bernardins incarnent tout de même le lieu du Livre et de la tradition de la transmission de l’écrit. En même temps, l’idée était de présenter un très jeune ensemble musical qui abat les cloisons entre les genres, et qui tout en ayant hérité des expériences très fortes du siècle, invente quelque chose de neuf ; et dans lequel je ressens une sorte de miroir qui propulse vers au-delà de mon époque et de ma génération. J’ai ressenti la nécessité de faire une création avec eux sur un texte de Gherasim Luca, et de prendre une autre de mes pièces, intitulée « le concerto pour un piano-espace », qui est une sorte d’extension, une modernisation, et en même temps une métamorphose de ce qu’il y a de plus traditionnel, de ce qui n’a jamais bougé pendant dix siècles : le clavier. Dans la tradition occidentale, le clavier est un mystère par sa longévité. Tout le monde sait qu’il y a des touches blanches, noires, mais elles sont en haut, en bas, en relation avec la main, ce qu’il y a de plus humain, dans le mode de l’émotion avec la respiration. Elles ont des incidences sur le langage musical. Avec cette jeunesse, présente à travers la prestation de l’Ensemble Le Balcon, associée à la tradition évoquée précédemment, on va s’interroger au début de ce siècle, sur ce que serait la transmission, l’œuvre, l’écrit, l’impossibilité de transmettre par l’écrit, et sur la question de la sonorité du son. Comment l’écrit traverse les époques à travers l’évolution des sons, des lutheries, dans notre civilisation ? 
M. Durand-Lacaze : C’est un programme ambitieux et original qui lie le concert et la réflexion, à travers une table-ronde ! 
M. Levinas : C’est une anticipation de quelque chose dans un lieu où l’on pouvait se poser ces questions, et en même temps, imaginer une autre forme de concert que les récitals ou les concerts de musique contemporaine -concerts que j’admire ! 
M. Durand-Lacaze : Vous avez voulu revisiter le récital de piano classique en proposant un large éventail que reflète la programmation musicale associée à un moment de réflexion. 
M. Levinas : J’appelle cela une "concertation". 
M. Durand-Lacaze : Pour une meilleure écoute ? 
M. Levinas : Enfin une écoute à la fois renouvelée et critique pour les mélomanes. Il ne s’agit pas de soirées de théorie, de persécution intellectuelle, ce sont des soirées de musique. Il y a une énergie qui va traverser la grande nef des Bernardins. Je l’espère ! Enfin j’en suis presque certain. 
M. Durand-Lacaze : Maxime Pascal, comment voyez-vous cette transmission que vient d’évoquer Michaël Levinas ? 
M. Pascal : C’est passionnant ce que dit Michaël car notre génération de musiciens a un lien très fort avec toutes les charges spirituelles que peuvent contenir les textes, notamment la musique de Messiaen, de Stockhausen, tout ce qui a été écrit depuis les années cinquante. La charge spirituelle est très forte dans le texte. Et c’est très important pour nous, de venir jouer la musique de Michaël Levinas au Collège des Bernardins. Notamment parce que nous sommes aussi liés à la musique mixte et à la musique électronique, c’est-à-dire à la machine, aux haut-parleurs. Les propos de Michaël me font penser à ce que disait Jonathan Harvey à propos de la musique électronique. Il parlait des liens entre la musique électronique et la musique d’église et disait que le lien c’est la musique invisible. On ne voit pas les instruments jouer quand la musique sort des hauts-parleurs, de la même manière qu’on ne la voit pas quand l’organiste joue à l’église. Il y a ce lien très fort. C’est très important de s’interroger sur ces questions : les questions de la transmission, tous ces aspects de la musique… 
M. Durand-Lacaze : « Claviers en miroirs » est une expression que vous avez trouvée Michaël Levinas ?
M. Levinas : Oui, je l’ai trouvée. J’avais aussi envie d’appeler cela « Éternels claviers » puisqu’on va interpréter de la musique qui va jusqu’à la fin du XX
e siècle sur les modes de jeux, de traditions. L’idée est d’oublier toute la gangue interprétative de ces musiques pour piano des XIX e et XXe siècles alors que l’instrument ne cessait de se moderniser. C’est très passionnant sur la lecture de Bach, parce que la musique de Bach est une musique religieuse, faite pour des espaces réverbérés, pour des sons qui tiennent. Évidemment, l’orgue dans un lieu sacré est tout à fait à sa place. Bien sûr le piano a été une sorte d’héritier des lieux sacrés car il a une résonance (c’est mon attitude de faussaire musicologique et historique). C’est ce que j’appelle le "piano-espace", une capacité d’exprimer la réminiscence. C’est pourquoi il a eu une telle influence sur l’opéra et la musique romantique comme quelque chose qui revient de loin, quelque chose qui monte vers le ciel… Évidemment cet instrument a été pour les pianistes et pour les musiciens, pour Busoni, pour Liszt, même pour Messiaen, pour Fisher, tous ces gens que j’admire, un instrument qui résonnait comme à l’église. 

jeudi 5 janvier 2012

Ghérasim Luca ou l'intransigeante passion d'être

Editions Honoré Champion 22/12/11 18:55
http://www.honorechampion.com/cgi/run?wwfrset+3+628412352+1+2+cccdegtl1+A+1+18533307 Page 1 sur 1
Julian TOMA
GHERASIM LUCA OU L'INTRANSIGEANTE PASSION D'ETRE
Préface de Jacqueline Chénieux-Gendron
Cet ouvrage porte sur l’intégralité de l’oeuvre écrite de Gherasim Luca. Chacune des étapes
que traverse sa création y est examinée dans son contexte spécifique, depuis ses
premières manifestations poétiques, en 1930, comme jeune recrue des cercles avantgardistes
de Bucarest, en passant par l’époque des interrogations sur la possibilité d’une
littérature «prolétarienne» et par l’ex périence proprement surréaliste, jusqu’aux derniers
poèmes «ontophoniques» publiés de son vivant. Les approches privilégiées par l’auteur
pour rendre compte de la pratique poétique sont celles de la contextualisation historique et
de l’analyse textuelle. Ce travail apporte ainsi une contribution essentielle à la
connaissance de l’oeuvre de Gherasim Luca, sous l’aspect de son étendue , de son
déploiement historique, de la pensée poétique qui la nourrit et des formes discursives
responsables de la production du sens.
Disponible: NON
Prix EUR TTC: 65.00
CHAMPION LIEU D'EDITION:
PARIS
PARUTION:
30.01.12
COLLECTION: POETIQUES ET ESTHETIQUES
XXE-XXI SIECLE
FORMAT: 15,5X23,5
304 pages RELIÉ 1 volume(s)
N° SERIE: ISBN: EAN:
0009 9782745323675 9782745323675

mardi 3 janvier 2012

Luca dans une chorégraphie de Découflé

Texte de présentation du spectacle de Philippe Decouflé : Octopus en tournée en 2011-2012.

Extraits du catalogue : jalousie, shiva pas, hélas tique, boîte noire, squelettes, l’argothique, talons aiguilles, boléro... et autres poèmes chorégraphiques

Philippe Decouflé, l’un des chorégraphes les plus décoiffants de sa génération – auquel on doit la cérémonie des J.O. d’Albertville et la célébration du Bicentenaire de la Révolution – nous entraîne dans un voyage au pays de l’imaginaire avec son Octopus.
Composé « comme on fait des disques rock, avec plusieurs morceaux, plutôt qu’une sorte d’opéra d’un seul tenant », ponctué d’extraits poétiques comme Hermétiquement ouverte de Gherasim Luca, Octopus multiplie les points de vue et fait surgir un univers fantasque où le rêve jouxte le cauchemar, où l’érotisme flirte avec la mort. La pièce est faite de variations décomposées du solo à «l’octuor» où l’on retrouve l’art visuel que le chorégraphe sait si bien manier : le jeu des contrastes entre noir et blanc, la lumière qui farde ou éclipse les corps, l’utilisation de la vidéo ou de la lumière noire, mais aussi son génie pour s’associer des collaborateurs de talent. La musique, jouée en direct par le chanteur Nosfell et Pierre Le Bourgeois tisse un rapport quasi organique avec la danse. Les décors aux motifs orientalisants de Pierre-Jean Verbraeken et les perruques inouïes du « coiffuriste » Charlie Le Mindu donnent au spectacle toute sa splendeur.

Un livre de Yannick Torlini sur Ghérasim Luca


GHÉRASIM LUCA, LE POÈTE DE LA VOIX : ONTOLOGIE ET ÉROTISME

Yannick Torlini
Approches littéraires
ROMANS, NOUVELLES EUROPE 


Comment Ghérasim Luca ? Pourquoi Ghérasim Luca ? Dix-sept ans après la mort du poète, ses textes restent toujours aussi frappants, toujours aussi dérangeants. Ils semblent dire que le sujet, et ses relations à l'Autre, se réinventent perpétuellement grâce à la réinvention perpétuelle de la langue, dans un monde désormais instable. Nous nommerons "érotisme" cette instabilité.




ISBN : 978-2-296-56607-1 • janvier 2012 • 204 pages

Prix éditeur : 21 € 19,95 € / 131 FF



On peut commander directement à l'adresse suivante:
http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=35866

mardi 8 novembre 2011

Atelier théâtre autour de Luca

Jouer Ghérasim Luca : La parole en action
Atelier dirigé par Vincent Debost, comédien et metteur en scène
Du 22 novembre au 2 décembre 2011 Du mardi au vendredi de 13h30 à 18h30 -

Si la poésie de Gherasim Luca met “La parole en action” c'est qu'elle appelle en effet une véritable dramaturgie de la parole. Elle mobilise plus qu'aucune autre, le souffle, la voix du comédien et exige de lui un grand engagement physique. Pour que le (les) sens apparaisse(nt) pleinement, il est nécessaire à l'acteur de s'engager dans un travail minutieux sur les sonorités, les inflexions, les variations d’intensité et de rythme. En retour, l’œuvre de Luca offre un matériau rêvé pour qui cherche à travailler l’interprétation et à élargir ses perspectives de jeu dans leurs nuances les plus fines.
D’une grande sensualité, violente par sa beauté, grave dans sa légèreté, la parole chez Ghérasim Luca est un bouleversement intime. Elle met en jeu l’affect et le singulier. Elle demande à l'interprète de se laisser envahir par le verbe, d'en oublier le sens pour le retrouver ensuite par l'accumulation des mots, par le jeu de leurs résonances, par leur musicalité. C'est au cœur de cette parole adressée, proférée, susurrée, proclamée, dansée, chantée, distanciée... que je vous invite à vous perdre, et c'est au détour de votre propre rapport au verbe que je souhaite redécouvrir avec vous la théâtralité de cette poésie, qui ouvre l'imaginaire et provoque l'émotion à fleur de peau.
Vincent Debost : Comédien et metteur en scène, Vincent Debost débute sa formation au Conservatoire du 10e arrondissement (Paris) de 1994 à 1997. Il entre au Conservatoire National Supérieur d'art dramatique en 1997 et en sort en 2000.
En tant que comédien, au théâtre il a travaillé avec : Hédi Tillette de Clermont Tonnerre, Paul Desveaux, Sylvain Maurice, Jacques Lassalle, Brigitte Jaques-wajeman, Anne Contensou, Véronique Widdock, Jacques Weber, Lucie Berelowitsch, Olivier Treiner, Arnaud Denis, Matthew Jocelyn, Olivier Bunel, Lucie Vallon, Gregorry Motton et Ramin Gray, Philippe Adrien, Stephan Druet, Jérémy Banster, Mario Gonzales, Loïc Corbery et Jérôme Ragon, Joseph Menant…

Renseignements/Inscription : 01 42 00 50 17 - 06 16 51 76 70 - lesesperlus@gmail.com
Tarif du stage : 240 € (adhésion à l'Esperlu&te comprise)